“Bullshit jobs” ou précarité, le dilemme de notre génération

La génération Y est cette frange de la population qui était il y a dix ans encore des « ados boutonneux et rebelles » et qui entendait dire par les profs « ce sera difficile de se faire une place sur le marché de l’emploi. CDI, mieux vaut ne pas y penser » ou encore les parents, ces visionnaires qui racontaient « bah ton cousin il a fait une école de commerce, et maintenant il a un bon boulot ». Souviens-toi, tu étais l’un de ces boutonneux nés entre 1980-1999.

A 24-25-26-27-28-29-30 ans, ces anciens ados sont des jeunes adultes qui se rendent lentement compte qu’ils n’ont jamais choisi leur filière, leur projet professionnel ou même leur projet de vie. Cet ancien ado c’est toi, devenu un jeune adulte toujours aussi perdu dans ses choix.

La voie des études a été choisie par une conseillère pédagogique (parce que la filière ES ouvre toutes les portes), le reste par tes parents, les stages en fonction de ceux que tu as décrochés (coup de bol ?).

Tu es de cette génération qui a 24-30 ans et qui a la “chance” d’avoir un CDI. Mais est-ce vraiment ce que tu voulais faire ?  Tu as un bac+5, comme tout le monde ou presque. Les études longues n’ont plus la même valeur qu’il y a vingt ans.

Le choc des réalités

Un jour tu retombes sur des photos d’il y a dix ans sur Facebook. Et là c’est le choc ! Il y a dix ans tu voulais faire un tour du monde, vivre dans un loft à New York, être marié ou pas. Finalement, dix ans plus tard, tu es partie revivre chez tes parents.

Et puis d’un coup il y a la crise, une crise nouvelle que tu n’attendais pas si tôt. Tu connaissais la crise d’adolescence, bon ça c’était connu. Tu as entendu parler de la crise de la quarantaine, mais c’est encore loin devant.

Pourtant tu as 25 ans, et tu es en crise.

C’est ta première vraie crise existentielle. Tu t’imaginais dans un grand bureau avec un salaire qui te permettrait d’avoir un grand appartement à Paris, en face de la Tour Eiffel. Mais tu vis en banlieue, parfois même dans sa chambre d’enfant de 15 m².

La vie devient étroite.

Pendant le diner de famille, on te demande quel est ton métier, en fait ?  Tu évoques le nom de ton poste qui est à rallonge, une guirlande de titre en anglais Online Marketing Manager Junior. On te répond « ah c’est bien ça. Mais qu’est-ce que tu fais exactement ? ». C’est à ce moment-là que tu ne sais pas quoi répondre. Tu hésites entre « Rien » et « chercher des mots clés pour Google ». A table personne ne comprend. D’ailleurs toi non plus tu ne comprends pas que ton existence tienne à passer des heures à faire des listes de mots clés référencés par Google.

Ce sont les bullshits jobs, ces boulots destinés à la génération connectée, celle qui surfe sur le net. Ces bullshits jobs sont ceux qui n’apportent rien à la société, qui te donne le sentiment que ton travail n’a pas de sens, et ainsi que tes journées n’ont pas de sens, et que ta vie n’a pas de sens.

Tu tombes dans le présentéisme, être présent au bureau mais en étant passif. Parce que le bureau est une aliénation de tes capacités.

Le choc des générations

Tes parents, tes oncles et les autres, eux qui entendent que c’est si difficile d’avoir un travail, sont fiers de ton statut. Et puis ils savent d’expérience qu’il faut faire des efforts, des heures supplémentaires et attendre dix ans avant d’avoir une augmentation de salaire. Pour beaucoup, tu n’as pas le droit de te plaindre puisque tu n’es pas au chômage.

Sauf que tu n’es pas comme tes parents. Les temps ont changé, l’inflation fait rage. Tu es jeune, tu es libre, c’est le moment où jamais.

La génération Y est celle qui se demande ce qu’est le bonheur. Le bonheur n’est pas forcément passer sa vie au travail pour s’acheter une maison ou une voiture, et même si c’est le cas, il n’est pas prêt à travailler trente ans pour rembourser un prêt.

Ce qui te rend heureux, c’est de te planter, c’est de te lancer, c’est d’essayer de te réaliser.

Faire des projets personnels c’est vivre frugal mais pourquoi pas. Et le chômage n’est pas une fatalité.

Le choc des titans

La paresse c’était il y a dix ans. Aujourd’hui tu as envie de vivre pour toi, et tu voudrais commencer à réaliser tes propres projets. Malgré ta timidité ou la peur d’échouer, des critiques, tu te sens prêt à te lancer car c’est maintenant ou jamais. L’envie d’atteindre quelque chose que te tient à cœur est plus forte que les déceptions que tu pourrais rencontrer. Car finalement, ce qui compte le plus est d’avoir des réactions sur ce que tes talents valent vraiment.

Quel projet ? Tu le sauras au bon moment. Ça peut être un blog, alliant le plaisir de faire des photos et d’écrire, ça peut être faire du théâtre, s’inscrire à des cours de chant, lancer son propre canal Youtube, devenir Freelance, s’inscrire sur une plateforme de partage, démissionner et faire des petits boulots que te dégagent du temps…

Un jour tu sauras qu’il y a des choses plus importantes que d’aller au travail chaque jour avec la mine grise.

Comment se lancer ? Commence à en parler autour de toi, observe les réactions. Certaines personnes sont passées par là et peuvent te conseiller. Libérer la parole c’est te faire exister, toi et tes « hobbys ». Ceux qui te disent que « c’est impossible » ont sans doute tort. Et n’oublie pas que l’échec est un diplôme.

Quant à moi, grande timide, je me suis lancée dans l’écriture, à mes risques et périls. Et pour ainsi dire, c’est une aventure personnelle très forte, très enrichissante. J’en parle plus par ici, dans une lettre ouverte à ceux qui veulent vivre leur passion.

 

Laure Zehnacker

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