Mon tout premier atelier Pôle Emploi… ou quand le chat se mord la queue !

Je ne m’attendais pas à grand chose en me rendant à mon premier atelier de groupe Pôle Emploi, mais le pitch était attrayant : un atelier dédié à la découverte de soi ; enfin nous allions découvrir qui nous étions afin de réaliser nos rêves et trouver notre job idéal… du moins, c’était l’objectif ! On dit souvent que si l’on s’attend a peu de choses, alors on sera moins déçus, mais résultat : je suis ressortie de cet atelier avec un goût amer d’inachevé et de potentiel inexploité. Zoom sur cet atelier, au si grand potentiel, et pourtant, raté… !

 

Après quelques pas dans la salle, les dix autres participants et moi-même avons découvert un homme d’une quarantaine d’années, légèrement blasé en apparence mais nous étions tous convaincus d’une chose : il allait nous motiver, nous encourager, nous donner les clés pour nous connaître et surtout pour trouver la formation et l’emploi qui allait nous correspondre. Enfin ça, c’était ce qu’on pensait …

 

A peine assis, voici ce qu’il nous dit : « On va faire un tour de table, présentez-vous ». Okay. Pour la mise en contact douce et créative c’est raté, pour les introvertis tant pis, alors on prend sur soi et GO. Que l’on ait eu la chance d’accéder à une éducation ou non, ce type d’atelier peut être positif, mais il l’est encore plus quand on peut être mis en contact avec des personnes qui ont, plus ou moins, les mêmes expériences que nous afin que l’échange soit enrichissant. Autour de ma table, il y avait deux personnes qui parlaient difficilement le français, trois étrangers (australienne, roumaine, espagnole), trois personnes qui travaillaient plus ou moins dans les domaines de la vente et deux personnes ayant fait de hautes études. Je me suis alors posé la question de « Pourquoi étions-nous tous réunis ici » ? Et la réponse m’est apparue très vite : non ce n’était pas pour notre bien être mutuel et l’échange d’idée mais bien parce que ça leur coûterai moins cher de tous nous faire passer ensemble. Un constat triste pour une prestation qui relève, en théorie, de l’humain.

 

Du vite fait, bien fait donc ?

S’en s’ont suivi une série de présentations éclectiques sur les parcours de chacun. Et à ma grande surprise, les seuls mots prononcés par le « conseiller », à chaque fois, furent « mais vous avez un second projet ? Parce que ça va être difficile là quand même … » ou encore « vous avez des idées quand même bien évasives ». Oui, c’est un peu pour ça que nous étions là en fait … Dépourvu de toute empathie, recul, force de persuasion et motivation, ce « facilitateur » ou devrais-je dire « observateur » n’était là que pour écouter et nous persuader tous un par un que nos projets étaient bien trop complexes ou irréalisables :

 

Au gestionnaire en reconversion : « ah mais vous avez trop d’idées contraires », au commis de cuisine : « ah oui mais être cuisinier demande beaucoup de responsabilités », à la vendeuse roumaine : « je ne pense pas qu’on puisse vous proposer de formation si vous êtes déjà vendeuse », quant à mon idée de devenir coach « mais mademoiselle ce sont souvent des personnes qui ont 20 ans d’expérience qui font ce métier ». Il était très progressiste donc.

 

Loin de moi l’idée de lui faire une étude approfondie sur l’évolution du marché de l’emploi, de l’émergence du bien-être au travail et de l’appropriation française des techniques anglo-saxonnes, concepts qui lui étaient plus que vaguement familiers, mais mon projet était plutôt réfléchi et concret. Quant aux autres, pour ceux qui l’étaient moins, ce sont nous, les participants, qui nous sommes motivés entre nous quant à la faisabilité de nos projets. L’australienne approuvant mon projet similaire au sien, l’espagnole encourageant la roumaine en lui donnant même sa carte professionnelle etc.

 

Quand le chat se mord la queue…

C’est alors que nous entamions la seconde partie de l’atelier que je réalisais l’inutilité de cet homme, son manque de compassion et surtout d’encouragements. Son emploi était de nous motiver, de nous aider et le constat final de cette première partie en était tout l’inverse. Pourquoi ? Un manque de formation ? Un manque de motivation ? Un défaut de recrutement ? Tous les conseillers semblaient pourtant tous pareils…

 

Pendant la seconde partie, nous avons réalisé quelques tests écrits, que nous n’avons, bien entendu, pas analysés ni compris pour certains… pendant que monsieur jouait sur son téléphone, n’aidant même pas les personnes en difficulté dans la réalisation de ce test…

 

Pas une fois il n’a proposé de l’eau aux participants, pas une fois il ne nous a demandé ce que l’on avait pensé de l’atelier.

 

Alors, quelle est la conclusion de tout cela … ?

 

Ma lettre ouverte à Pôle Emploi…

Chers conseillers Pôle Emploi et cabinets d’orientation, je sais que vous recevez beaucoup de personnes et que parfois l’humanité peut se perdre et votre emploi peut ressembler à du travail à la chaine, mais vous travaillez dans l’humain… ! Réveillez-vous ! Ré-humanisez-vous ! Qu’attendez vous ?!!

 

Dans votre métier subsiste le mot « conseil » et non pas jugement, antipathie et manque de discernement. Vous vous devez d’être irréprochables, motivants, inspirants, proactifs, et empathiques au minima. Vous vous devez d’être innovants, précurseurs, vous vous devez de suivre les tendances du marché. Vous vous devez d’aider les futures générations dans leur orientation afin qu’ils puissent appréhender les futurs métiers qui n’existent pas encore. Vous vous devez d’aider les générations précédentes à réaliser leur potentiel immense et bien souvent inexploité !! Et par dessus tout, vous vous devez aussi d’être pédagogue et surtout à l’écoute.

 

Vous êtes là pour nous aider à trouver des solutions concrètes et pas là pour détruire nos rêves. Car avec un peu de bonne volonté et de solidarité, tout est possible, j’en suis convaincue ! Comme l’a d’ailleurs dit le grand Albert Einstein : « La logique vous conduira d’un point A à un point B. L’imagination et l’audace vous conduiront où vous le désirez ». A vous de sortir du cadre !

 

Dans cette salle, deux hommes présents avaient grandement besoin d’une aide à la pratique de la langue française, le sujet n’a pas été abordé. Il y avait une femme à la sensibilité immense et a l’envie de changer les mentalités et de rendre ce monde meilleur, le conseiller ne l’a pas applaudie pour cette belle façon de voir les choses et ce beau projet. Dans cette salle, il y avait deux jeunes filles, complètement perdues scolairement, il ne les a pas encouragées à reprendre leurs études, bien au contraire. Enfin, dans cette salle, il y avait une femme à la ténacité et à la motivation débordante et inspirante même, comme j’en ai rarement vu.

 

Je ne dis pas que tous les conseillers sont les mêmes, bien entendu que certains sont plus empathiques, mais cela apparaît être une tendance et il faut que ça change… ! Car si l’humain n’est plus alors nous ne sommes plus rien…

 

Heureusement, entre nous participants, une grande entraide et solidarité à rejaillit de l’atelier, pendant et après. C’était peut-être ça, alors, tout l’intérêt de l’exercice…

 

Manon Aunay

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Découvrez aussi  : Le problème, c’est la société, ou c’est nous ? et  La génération Y se demande ce qu’elle fait là !

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