La génération Y, produit d’une éducation ratée au potentiel inexploité ?

Si la génération Y galère clairement sur le marché de l’emploi aujourd’hui, disons-le, c’est en grande partie à cause de l’éducation que nous avons reçue : une éducation formatée, aseptisée et non adaptée à l’individualité et aux personnalités des élèves.

 

La primaire : du « par cœur » recraché sur un bout de papier

 

Pour nous, les jeunes, tout à commencé en primaire par l’éducation formatée que nous avons reçue : français et mathématiques en étaient les principales composantes, le tout agrémenté d’un peu d’histoire et de sciences de la vie. Peu de place donc pour les créatifs ou les manuels mais un enseignement de base indispensable, je le concède. Indispensable, certes, mais encore fallait il qu’il soit dispensé de la bonne manière.

Avoir de bonnes notes, c’était l’objectif. Les méthodes de travail que l’on nous a proposées étaient simples : un apprentissage « par cœur » dans toutes les disciplines, des devoirs et des notes. Peu importaient notre personnalité, notre niveau, notre classe sociale, que l’on ait de l’aide à la maison, ou pas, que l’on soit discipliné, rêveur, organisé, artiste, que l’on apprenne vite, ou pas, que l’on dispose de qualités de logique ou de qualités interpersonnelles : le programme était le même, la méthode aussi. Je me souviens bien avoir révisé les tables de multiplications pendant des soirées entières, planché pendant plus de 2h pour faire mes devoirs le soir (pour un enfant de 10 ans, ça semble tout à fait sain) ou encore avoir dû apprendre par cœur la dénomination de tous les champignons qui existaient afin de les réciter bêtement sur ma feuille le lendemain (très utile dans la vie n’est-ce pas ?) surtout que j’avais déjà tout oublié le jour suivant.

Certains diront que nous avons appris une certaine rigueur, méthode et capacité d’apprentissage. Cela fonctionne en effet pour quelques élèves mais bien heureusement nous n’étions pas des robots et alors que certains auraient eu besoin d’aide supplémentaire dans la compréhension de quelques disciplines, on est vite passés à l’apprentissage de la classification des serpents, car cela semblait bien plus important. On a donc tous fait comme on a pu et avec les moyens dont on disposait pour rentrer dans ce moule, déjà bien coulé.

 

Le collège ou comment ne pas être « en retard sur le programme »

 

Sérieusement, je crois que cette phrase a bercé nos années collèges. On l’a entendue aussi bien dans la bouche de la prof de français complètement stressée que dans la classe d’espagnol par la prof la moins respectée. Les années collèges étaient LE tournant pour nous tous, c’est là que l’on s’est soit révélé, soit que l’on a décroché. Mais pas forcément de notre faute.

Les bonnes notes faisaient toujours la loi mais quelques matières plus artistiques sont arrivées : les cours de dessins, musique, de théâtre parfois, les cours de sport aussi (traumatismes de certains mais exutoires pour d’autres) et puis des matières plus « sérieuses » : physiques, anglais. Il y avait de quoi faire, sur le papier, ou du moins de quoi permettre à chacun de s’y retrouver pour les artistes dans l’âme, les sportifs, les amateurs de langues.

Oui mais non, car comme le savaient les profs eux-mêmes (notamment les profs de musique et de sport lors des conseils de classe, n’est-ce pas les délégués ?) ; ces disciplines étaient considérées davantage comme récréatives. Dommage, pour tous ces élèves aux talents immenses et inexploités, qui n’avaient pas de bonnes notes en maths mais excellaient ailleurs. Dommage aussi pour ceux qui n’avaient pas d’aide à la maison et qui en auraient eu besoin.

C’est comme ça qu’à la fin du collège beaucoup sont partis, souvent les jeunes issus de milieux défavorisés, ou en difficulté d’apprentissage. C’est comme ça aussi que nous sommes passés à côté des Michael Jordan, Van Gogh, Baudelaire et Edith Piaf d’aujourd’hui…

Eh oui car il fallait boucler le programme, composé là encore de beaucoup de superflu et de bien peu d’accompagnement psychologique, émotionnel et éducatif…

 

Le lycée : objectif BAC, et après quoi ? On verra…

Le summum arriva au lycée. La sélection « naturelle » (de l’éducation nationale) ayant opéré, il ne restait plus que la « crème de la crème » avec quelques artistes et créatifs refoulés. L’objectif étant le BAC, les notes comptaient plus que jamais !! On a donc continué d’apprendre par cœur, cette fois, on métrisait, pas de place pour les retardataires.

On a eu le BAC (ou pas pour les amis du collège) et là …

Bah là on a commencé à se poser la vraie question : Pourquoi on avait fait tout ça ?

Alors là … On sait pas…

Qu’est-ce qu’on veut faire ? Qui on est ? Quelles sont nos qualités ? Qu’est-ce qui correspondrait à notre personnalité ? La question ne s’était jamais posée.

 

Alors je fais quoi ? Dis-moi ! Je vais te dire moi !

 

S’en sont suivi de hautes études pour les chanceux et surtout, surtout énormément de potentiel gâché, pour tous ces gens qui ont arrêté leurs études bien trop tôt ou qui se sont trompé de chemin, parce qu’ils n’ont pas été soutenus, parce qu’ils n’ont pas été compris, parce qu’ils n’ont tout simplement pas été pris en charge de la bonne manière. Le rôle de l’éducation ce n’est pas de former une élite, c’est de rendre la connaissance accessible et de permettre à tous de se réaliser professionnellement vers des métiers qui leur correspondent.

Le système éducatif est le même depuis trop longtemps, il n’a pas réussi à intégrer ces jeunes, il n’a pas réussi à s’adapter aux multitudes de personnalités qui forment l’ensemble de notre société, il n’a pas réussi à prévoir quelles seraient les demandes du marché en terme d’emploi et a formé trop de personnes dans les mêmes disciplines, idéalisant ces formations et délaissant toutes les autres qui manquent aujourd’hui de bras (et de têtes). Il n’a pas vu arriver la révolution technologique qui a fait effet de ras de marée sur le monde de l’emploi. Il a tout simplement délaissé l’humain au profit de quoi ? Je ne sais pas.

Alors à tous les professeurs, aujourd’hui ne baissez pas les bras face à vos élèves en difficulté et contribuez à les engager vers une voie qui leur correspond, essayez d’identifier leurs qualités et de les guider.

Et à tous ceux qui ont arrêté leurs études bien trop tôt, ou qui ne se retrouvent simplement pas dans leur emploi actuel ; que vous souhaitiez devenir coiffeur, vendeur, ingénieur ou encore astronaute, il n’est jamais trop tard pour reprendre des études et/ou se réaliser professionnellement. Des structures existent pour vous accompagner dans cette démarche afin de rechercher avec vous quelles sont vos qualités et votre potentiel d’employabilité, ne vous découragez pas !

Comme disait Carlos Castaneda : « Ce qu’il nous faut faire pour permettre à la magie de s’emparer de nous c’est chasser les doutes de notre esprit. Une fois que les doutes ont disparus, tout est possible. »

Manon Aunay

N’hésitez pas à me contacter  ici ou sur manon.aunay@gmail.com

Découvrez aussi  : Le problème, c’est la société, ou c’est nous ? et  La génération Y se demande ce qu’elle fait là !

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