Le dating 2.0, nouveau shopping de « l’amour » de la génération Y ? Loin des lettres d’amour reçues par nos grands-mères

« Me dis pas que t’as pas vu mon message t’étais connecté à 17h34 sur Facebook !!! », « Léa s’est inscrite sur Tinder et a matché 30 mecs d’un coup ! » ou encore « T’as vu ce mec est trop mignon, il like toutes mes photos sur Insta » sont des phrases qu’on entend souvent, de nos jours et qu’on emploie, nous les « DJEUNS ».

 

Alors oui on dirait qu’il faut un bac+5 pour comprendre ce dont on parle parfois, tous ces jolis termes qui n’existaient pas encore il y a quelques années se sont aujourd’hui fièrement intégrés dans notre champ lexical. On « tweete », on « instagrame », on « tinde », on devient des « influencers », des « bloggers », et surtout on prend des « selfies ».

 

C’est complexe, parfois on s’y perd, enfin c’est surtout le cas pour nos parents et grands-parents… « Oui Instagram c’est là où on met des photos »  « et Snapchat ? »  « Pareil mais elles restent pas longtemps sur ton écran » « ah, c’est avec ça que tu peux avoir une tête de chien ? » « oui c’est ça maman.. ».

 

Alors certes, nos conversations ont l’air un peu débiles parfois, mais il ne faut pas s’y méprendre, les réseaux sociaux, c’est chouette, ça nous permet de parler à des gens très très loin, de rester à l’affut des nouvelles tendances cuisine/mode/séries du moment et de suivre les actualités en temps réel. Mais il faut l’avouer, pour nos relations amoureuses, les réseaux sociaux, ça craint !!

 

Explications.

 

Il faut bien le dire, avec l’arrivée des réseaux sociaux, tout est devenu facile. C’est facile de rencontrer des gens qu’on ne connaît pas, facile de leur parler, facile de les « stalker » et encore plus facile de les oublier après.

 

En fait, ces réseaux sociaux nous ont permis d’agrandir notre champ de possibilité. C’est surtout le cas dans les très grandes villes, mais aussi dans les plus petites communes. On a donc plus de possibilités, plus de choix, on envisage plus de personnes, on subit plus de rejet aussi. Car oui, là est la difficulté majeure des réseaux sociaux : le choix.

 

L’adage : « trop de choix, tue le choix » est bien vraie ! Car bien qu’on ait beaucoup plus de possibilités qu’auparavant, on fait moins d’efforts, oui car il y aura bien toujours un plan B ou C… n’est ce pas ? Mais est-ce bien le cas ?

 

En fait, on considère nos relations, comme tout aujourd’hui : un panier de choix. On peut tout faire sur internet et tout acheter. En deux clics, on se fait livrer la dernière robe tendance de chez ZARA, on commande des sushis et on visionne tous les films possibles et imaginables dans le monde. Et si on n’est pas content ? On a 30 jours pour tout renvoyer ou contacter le service client.

 

Ouais mais il est où le service client de l’amour ?

 

Parce que c’est bien de considérer nos relations comme des produits, on prend, on teste, on jette on recommence. Mais le problème c’est que le petit haut qui va pas en 38 on le renvoie et on reçoit le même en 40, pour le mec/ la fille… c’est moins facile.

 

D’abord parce que, bien évidemment, on est des êtres humains et comme dirait Christophe Maé « On s’attache » Eh oui on s’attache « Et on s’empoisonne » ah oui ça clairement on s’empoisonne aussi. Mais faut l’avouer… c’est en partie de notre faute.

 

Les relations, on en veut, oui mais pas trop, enfin un peu, comme ci mais pas comme ça enfin on veut être proches mais pas trop, s’aimer mais pas se le dire, s’apprécier mais garder de l’indépendance, plaire sans appartenir, jouer sans fauter… Oui mais voilà, en fait, on veut un semblant de relation, mais pas vraiment s’attacher, parce que s’attacher ça fait peur, ça voudrait dire s’ouvrir à quelqu’un, partager, se rendre vulnérable et ça on en veut pas, parce que les réseaux sociaux nous on appris à diffuser une image parfaite de nous, une image polie, retouchée, améliorée et c’est ce qu’on voudrait devenir, mais pas forcément ce qu’on est.

 

En jouant donc sur ces apparentes relations, on ment, ou on omet d’en dire trop. Parfois pour se préserver, parfois parce que c’est plus facile. On rejette aussi nos insécurités sur la technologie alors qu’en fait, on ferait mieux de les exprimer…

 

Voilà comment après dix mois de relation, on apprend que Thomas « tinde toujours », que Martin « ne souhaite pas s’engager » et que Julia s’est faite larguée ou plutôt « ghostée » par SMS. Voilà pourquoi Tim et sa meuf s’engueulent, parce qu’elle n’a pas répondu à son texto ce midi, alors qu’elle était connectée !! Voilà pourquoi Max reproche à Chloé de ne pas assez lui écrire sur Facebook alors qu’elle commente les statuts de Claire, Sandra et Paul. Voilà pourquoi Samia aimerait bien que son mec lui envoie plus de textos romantiques et arrête de liker des photos de filles sur Instagram…

 

 

Mais elles sont où les lettres d’amour reçues par nos grands-mères ?

 

Sérieusement messieurs et mesdemoiselles… elles sont où ? OK on peut désormais écrire des tweets en moins de 140 caractères et s’envoyer des textos à longueur de journée, mais est-ce que ça veut dire qu’on doit complètement arrêter d’être romantiques et passionnés ? et non les « t’es bonne bb, smiley langue, smiley aubergine » ça ne compte pas vraiment…

 

Les relations ça se travaille, ça n’est JAMAIS acquis et si vous pensez que vous avez des dizaines de plan B, c’est faux. Parce que deux relations ne sont jamais les mêmes. Parce que vous ne retrouverez pas les mêmes qualités chez quelqu’un d’autre. Et parce que, qu’on se le dise, même avec les réseaux sociaux, trouver quelqu’un que l’on apprécie réellement, c’est dur et c’est un peu la pochette surprise ou la boite de chocolats, y’a quand même pas mal de chances de tomber sur le dégueu à la liqueur. On a tous déjà reçu des messages pourris, des textos beaucoup trop sexuels ou personnels, on a eu des discussions sans lendemain, pour certains, des premiers « dates » foireux, pour d’autres des « expériences atypiques ». Parce que, non, les relations ne sont pas un produit de consommation, les humains sont complexes, tous différents et il faut de la patience, du courage et surtout du travail sur soi pour trouver le bon. Si on pouvait commander son âme sœur comme on commande un Uber ça se saurait !

 

Alors au lieu de chercher « la meilleure option » ou de se reprocher pleins de choses par messages (on n’est pas sur TripAdvisor), travaillons sur ce que nous avons. Apprenons à nous connaître, mais vraiment. Quelle est sa couleur préférée ? Son film favori ? Son activité de prédilection ? Apprenons à comprendre l’autre, et à l’apprécier, même si l’on déteste certaines de ses petites manies. Et apprenons à les aimer aussi. Communiquons. Mais face à face cette fois ! Réapprenons à nous dévoiler et à dire réellement ce qu’on pense. Mettons du piment dans nos relations. Ecrivons-nous ! Envoyons-nous des lettres d’amour comme nos grands-parents. Faisons-nous vibrer et ravivons la flamme. Faisons des activités ensemble. Offrons-nous des fleurs. Aimons-nous tout simplement et apprenons à le dire à voix haute, face à face et pas par écran interposé.

 

Manon Aunay

 

N’hésitez pas à me contacter  ici ou sur manon.aunay@gmail.com

Découvrez aussi  : Le problème, c’est la société, ou c’est nous ? et  La génération Y se demande ce qu’elle fait là !

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