Le problème, c’est la société, ou c’est nous ?

Peu importe l’âge qu’on ait, à un moment de notre vie, on s’est tous demandé « Qui suis-je ? », « A quoi je sers ? » et « Qu’est-ce que je veux devenir ? ».

A cinq ans, on voulait être astronaute, parce que ça serait tellement cool d’aller dans l’espace ; on avait soif d’aventure. A dix ans, chanteur(se), pour la reconnaissance. A quinze ans, on nous a dit qu’il fallait commencer à penser à un « vrai » métier : avocat, médecin, commercial et ingénieur étant le « top du top ». Et à dix-huit ans, on a dû choisir notre voie, celle qui allait, en réalité, définir le reste de notre vie.

Lorsque l’on se pose ces questions aujourd’hui, bien souvent, on pense aux options réelles et concrètes que l’on a devant nous et pour beaucoup la réponse est « je n’en ai aucune idée », mais ça c’est parce que l’on n’envisage pas les solutions qui n’existent pas encore… Celles qui sont en nous…

« Qu’est-ce que je veux devenir ? »

Celle ci, on nous l’a souvent répétée, « tu veux faire quoi quand tu seras plus grand(e) ? » mais étonnamment on m’a rarement demandé « pourquoi ? » ou si cela correspondait à ma personnalité, à mes goûts, à mes passions. Non, l’important pour les générations précédentes, c’était d’obtenir un emploi stable. C’est donc l’idée qu’elles nous ont inculquée, c’est la voie toute tracée qu’on nous a invités à prendre. Mais c’était sans compter l’évolution de la société, des mentalités, du niveau de vie, de la technologie et de la mondialisation.

Aujourd’hui, quand on se pose cette question, on ne se demande pas uniquement quel métier on veut faire plus tard mais quelle vie on a envie d’avoir ? où ? avec qui avons-nous envie de la partager ? comment ? en faisant quoi ? et en ayant quel impact ?

En fait, notre priorité a changé : ce qui compte pour nous c’est la réalisation personnelle ! Nous voulons devenir ce que nous sommes, et pas ce que la société attend de nous …

« A quoi je sers ? »

Quand vous posez la question aux générations précédentes, bien souvent ils répondent « à te nourrir ». Bien loin des considérations de nos parents, et même si l’on compte fonder une famille un de ces jours, notre génération a besoin de se sentir utile, d’avoir un impact maintenant. Une tâche difficile dans un monde du travail de plus en plus segmenté, où les missions sont de moins en moins intéressantes.

Alors, on regarde autour de nous pour se sentir utile à la société et on observe. Il y a tant à faire que parfois, c’est difficile de savoir par où commencer : aider le SDF en bas de la rue ou les milliers d’enfants africains qui n’ont pas encore accès à l’eau potable ? Créer un projet, une entreprise ? Mais on se lance, on se renseigne, on fait du bénévolat, on s’instruit et on se demande, comment on a pu en arriver là…

Comment on peut passer nos journées sur Snapchat à envoyer des photos à nos amis avec le dernier filtre « chien » alors que des milliers de personnes vivent encore sans électricité ? Comment on peut dépenser des centaines d’euros dans la nouvelle paire de baskets à la mode, ou le dernier rouge à lèvres, toujours aussi rouge que les précédents alors que d’autres n’ont rien à se mettre sur le dos ? Comment on peut se sentir « trop » éduqué pour notre emploi, alors que des milliers d’enfants n’apprendront jamais à lire ?

On se demande comment notre société a pu devenir si compliquée, comment on peut continuer à créer des objets, des emplois dont on n’a pas besoin, utiliser la technologie de pointe pour des futilités, comment certaines entreprises peuvent réaliser des profits gigantesques et ignorer la situation critique de milliers de gens ?

On se rend bien compte de tout cela et on garde dans notre tête cette envie de « changer le monde », peut-être de partir loin un jour, dans un tout petit village pour aider les populations, créer notre propre entreprise ou simplement changer de vie. Mais la réalité nous rattrape, gagner sa vie, la pression de la famille, de la société, il faut bien se nourrir, aller de l’avant et avancer « normalement » … mais on s’en veut, parce qu’au fond c’est pas la vie dont on rêve !

Arrêtons de nous en vouloir !! Une part de nous le fait inconsciemment, parce que notre société est comme ça. Parce qu’on ne préfère pas y penser. Parce que la société de consommation nous pousse à consommer de plus en plus. Parce que les générations précédentes ne pensent pas à tout ça. Parce que les entreprises, elles mêmes, se dédouanent complètement de ce qui se passe dans le monde, bien qu’elles en soient parfois directement ou indirectement responsables, parce qu’elles ne sont pas solidaires et parfois ne prennent même pas soin de leurs propres employés… Alors pourquoi nous, on devrait s’en soucier ?

Heureusement, on se pose tout de même la question… La société avance et se transforme, une révolution est en marche, avec l’arrivée des startups, des entreprises sociales, de nouveaux emplois, davantage compatibles avec un épanouissement personnel, se créent mais il y a encore du chemin à faire pour que nous nous sentions pleinement accomplis car ils sont encore peu nombreux et les grandes institutions ne sont pas prêtes de changer… !

« Qui suis-je ? »

La solution réside en partie en nous. Nous sommes tous différents, nous avons tous des avis différents, des attentes différentes de la vie, nous avons tous des caractères, des valeurs et convictions et surtout des passions différentes !! Il ne tient qu’à nous de se demander qui nous sommes, quelles sont nos qualités, nos défauts, qu’est ce qui nous anime au fond de nous, qu’est ce qui nous donne envie de nous lever le matin, qu’est-ce qu’on aimerait faire par dessus tout, si on en avait la possibilité, comment et avec qui, en oubliant les codes actuels de la société.

Une fois cela identifié, ce ne sera pas simple mais à nous de tout faire pour réaliser nos attentes. La société a évolué et continuera d’évoluer. Il est temps que l’on crée nos propres codes, nos propres emplois, que l’on s’accorde à penser que l’on peut changer la société car les générations avant nous l’ont fait.  Qu’on prenne en main notre propre vie, en somme.

Je ne dis pas que la solution est de s’exiler à la campagne et d’élever des moutons (quoi que), mais peut-être qu’en s’écartant un peu de cette société matérialiste, ruinée jusqu’au cœur par l’argent, et en faisant quelques concessions, nous deviendrons la génération de l’épanouissement personnel et de la solidarité, ça fait rêver non … ?

Manon Aunay

Merci à Alexia, Kevin, Marion, Antoine et Héloïse pour vos messages, vous m’avez inspiré dans la rédaction de ce billet.

N’hésitez pas, vous aussi, à commenter ou à me contacter (c’est par ici ! ou manon.aunay@gmail.com) je serai ravie d’échanger avec vous sur ces sujets !

Prochain billet : Les nouveaux métiers et alternatives pour la génération Y ! Stay tuned 🙂

Découvrez aussi : La génération Y se demande ce qu’elle fait là !

Retrouvez cette tribune sur le site du Huffington Post : Les 3 questions que se posent les jeunes sur leur avenir

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